Eloge funèbre BALALAIEFF Jean
Par le Général (2s) Jean-Paul VINCIGUERRA
Jean BALALAIEFF est né le 17 octobre 1931 à Bordeaux.
Il est appelé dans l’Armée de l’Air en avril 1952 pour effectuer son service national à la CIE de l’Air 01/276 de Saint Astier jusqu’en octobre 1953.
Souhaitant intégrer l’Armée de l’Air, il souscrit en février 1954 un contrat d’engagement en qualité de fusilier de l’air et rallie le Bataillon de l’Air 1/106 de Bordeaux pour accompagner sa formation militaire et professionnelle.
A l’issue, il est affecté au service exploitation du Centre Transit Air 00/246 Bordeaux.
Volontaire pour servir en tous lieux, il rejoint en novembre 1956 la compagnie de garde 83/541 du Détachement de Terrain Opérationnel de Paul Cazelle en Algérie, puis en janvier 1957 le commando de l’air 40/541 de la Reghaïa.
Breveté militaire parachutiste de l’Infanterie de l’Air en février 1957 en qualité de chef de groupement, il participe à plusieurs opérations dans les Aures et Nemantchas du 12 mars au 5 avril 1957.
A ce titre, il se distingue particulièrement le 1er avril dans le Djebel Adiod où sous un violent tir adverse, il entraine son équipe à l’assaut des positions rebelles, les bouscule et permet à sa section de prendre une part déterminante dans le succès final de l’engagement.
Pour ces faits, il se voit récompensé le 30 avril 1957 par une citation à l’ordre de l’Escadre Aérienne comportant l’attribution de la croix de la Valeur Militaire avec étoile de bronze par le Commandement de l’Air en Algérie.
Détaché à Colomb Bechar du 31 octobre au 3 décembre 1957, puis au 17 septembre au 30 janvier 1959, ce chef d’un demi groupe de voltigeurs se distingue le 8 novembre 1957 au cours des combats du djebel Grouz à la frontière marocaine :
Alors que deux sections amies sont sévèrement accrochées, il déborde les défenses rebelle et permet ainsi de dégager les éléments en difficultés.
Il se voit attribuer le 28 février 1958 une citation à l’ordre de la Division Aérienne comportant l’attribution de la croix de la Valeur Militaire avec étoile d’argent par le Commandant de la 5èeme Région Aérienne.
Remarquable chef de groupe et combattant d’élite, il se distingue à nouveau le 24 février 1959 sur le djebel Defeltene dans la région d’Ouarsenis en dirigeant l’assaut de son groupe contre un groupe de rebelles fortement retranchés dans les rochers.
Son action contribue efficacement à la mise hors de combat des six servants d’une mitrailleuse ennemie qui stoppe la progression de sont unité. L’arme et ses munitions sont récupérées en fin d’assaut.
A ce titre une citation à l’ordre du Corps Aérien comportant l’attribution de la croix de la Valeur Militaire avec étoile de vermeil lui est décernée le 20 avril 1959 par le Commandant de la 5ème Région Aérienne.
De retour en métropole le 1er mai 1960, il est dirigé vers le Centre d’Expérience Aérienne Militaire de la base aérienne 118 de Mont de Marsan. Responsable de l’instruction des Fusiliers Commandos de l’Air il se dépense sans compter pour mener à bien les tâches qui lui sont dévolues
Affecté lel 30 juillet 1962 à la Compagnie Commando Parachutiste 50/541 de Bremgarten en Allemagne où il s’investit pleinement dans ses prérogatives d’adjoint puis chef de section.
Le 1er avril 1965 il est mis à la disposition de l’Escadron de Protection 42/136 de Bremgarten. Adjudant de compagnie possédant de réelles qualités d’instructeur, il est choisi pour dispenser des cours de combat aux futurs stagiaires fusiliers de l’Air en vue de l’obtention du certificat élémentaire n°1 et 2
Muté le 15 juin1966 à l’Escadron de Protection de Luxeuil ce chef de section exemplaire en tous points continue à œuvrer avec la même ferveur et ne suscite que des éloges de sa hiérarchie.
Son sens inné de la pédagogie le conduit tout naturellement le 1er juillet 1968 à rejoindre le Groupement Ecole 00/318 sur la Base Aérienne 726 de Nîmes.
Chef de stage au profit des Elèves Fusiliers Commandos il se porte volontaire en février 1969 pour rejoindre la brigade d’Evaluation et d’Intervention nouvellement créée.
C’est là que nous allons nous côtoyer durant quatre années au cours de tous les exercices d’évaluation de la protection des bases aériennes par de multiples plastrons. J’ai la possibilité d’apprécier son enthousiasme et son excellent esprit militaire optimisés dans l’encadrement au combat des jeunes appelés du contingent.
En octobre 1978, Jean est admis à faire valoir ses droits à la retraite.
Très attaché à l’Armée de l’Air il servira dans la réserve jusqu’en 1986 date à laquelle il est nommé au grade de Sous-Lieutenant honoraire.
Il totalisait 340 heures de vol et 288 sauts en parachute.
